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Ella Fitzgerald, voix

Fitzgerald

Née en Virginie de père inconnu le 25 avril 1917 la petite Ella Fitzgerald passe son enfance dans un quartier pauvre et cosmopolite de la banlieue de New York avant de venir à 15 ans s’installer chez sa tante à Harlem, suite à la mort de sa mère. Passionnée de danse et de musique elle remporte en 1934 le premier prix d’un concours de spectacle amateur organisé à l’Apollo Theater de Harlem, ce qui lui vaut d’être remarquée par le batteur et chef d’orchestre Chick Webb qui l’engage comme chanteuse dans son big band. Elle en devient très vite à la fois la vedette et la mascotte, enregistrant en son sein de nombreux succès dont “Mr Paganini” en 1936 et surtout en 1938 “A-Tisket A-Tasket”, qui pendant des années demeurera son thème fétiche.

A la mort de Webb en 1939, la chanteuse, à peine âgée de 22 ans, prend la direction du groupe qu’elle rebaptise Ella and her Famous Orchestra jusqu’à ce que, la mode des big band s’estompant, la formation ne finisse par se dissoudre en 1942. Multipliant dés lors les collaborations avec divers ensembles vocaux et des personnalités à a mode comme le saxophoniste et chanteur Louis Jordan, Ella entame une brillante carrière solo qui lui permet de retrouver la tête des hit parades. Elle commence à la même période de chanter dans le grand orchestre bebop de Dizzy Gillespie, démontrant dans ce contexte moderniste des dons d’improvisatrice exceptionnels transcendés par une immense virtuosité technique et dés 1946 participe aux tournées du Jazz At The Philarmonic (JATP) organisées par Norman Granz qui devient son manager.

En 1955, en grande partie pour assurer la promotion de la chanteuse dont il perçoit le caractère universel du génie, Granz fonde le label Verve, engageant alors Ella dans une série d’enregistrements historiques qui lui assurent bientôt l’aura d’une authentique vedette internationale. Après trois disques en compagnie de Louis Armstrong (dont une somptueuse reprise de “Porgy and Bess”), Ella assoit définitivement sa réputation en entreprenant de revisiter à sa manière le répertoire des grands compositeurs américains (Cole Porter, Richard Rodgers et Lorenz Hart, Duke Ellington, Irving Berlin, George et Ira Gershwin, Harold Arlen, Jerome Kern et, enfin, Jonny Mercer). Ces huit disques magistralement “mis en scène” par les plus grands arrangeurs de l’époque et parus entre 1956 et 1964 constituent la série des “Songbooks” et sont incontestablement l’un des sommets de sa discographie. Célébrée bien au-delà de la sphère des amateurs de jazz, auréolée de récompenses prestigieuses (pas moins de quatre Grammy Awards dans la catégorie “meilleure chanteuse de variété ”entre 1959 et 1963), celle que l’on surnomme désormais la “First Lady of Song” est au milieu des années 60 au firmament de sa popularité, tant aux Etats-Unis où ses innombrables apparitions télévisées en ont fait une figure familière du public américain que partout dans le monde où ses concerts font salle comble. En 1967 l’académie des Grammy lui décerne un « Lifetime Achievement Award » consacrant ainsi une vie entièrement dédiée à la musique.

Même lorsque le jazz commencera par la suite à perdre une partie de son public, séduit par le rock et la pop music, Ella Fitzgerald, privée un temps de maison de disque attitrée, saura garder le cap de la qualité, trouvant finalement au tournant des années 70 en la personne du guitariste Joe Pass l’interlocuteur idéal avec qui entamer la dernière partie, résolument intimiste, de sa carrière. Toujours très active sur scène malgré des problèmes de santé dus au diabète de plus en plus handicapants, Ella Fitzgerald reçoit en 1987 des mains du président Ronald Reagan, la médaille nationale des Arts et est élevée au rang de “Trésor national”.

En 1991 elle donne au Carnegie Hall de New York son vingt-sixième concert dans ce lieu prestigieux. Ce sera sa dernière prestation publique. Son diabète s’aggrave et la rend presque aveugle. En 1993, la maladie atteint un tel stade qu’elle doit être amputée des deux jambes. Elle meurt finalement à Beverly Hills le 15 juin 1996, entourée des siens.