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Oscar Peterson, piano

Peterson

Oscar Peterson est l'un des plus grands pianistes de touts les temps. Un pianiste avec des aptitudes phénoménales, égalant celles de son idole, Art Tatum. La virtuosité de Peterson et sa capacité à swinger à tous les tempos sont simplement exceptionnelles. Il excelle aussi bien en petite formation, lors de bœufs, dans accompagnement vocal qu’en solo. Son style original ne peut être cantonné. Tout comme Erroll Garner et George Shearing, le style inimitable de Peterson se façonne dans la seconde moitié des années 40 et s’inscrit entre le swing et le bop. On lui reprochera l’emploi de trop de notes, de ne pas assez évoluer et d’enregistrer beaucoup trop. Peut-être est-ce par que les critiques manqueront de superlatifs à son égard au début de sa carrière. Il est probable que l’on puisse dire que Peterson jouait 100 notes lorsque d’autres auraient pu n’en employer que quelques unes mais qu’y a-t-il de mal dans la fulgurance de la virtuosité lorsqu’elle sert aussi parfaitement la musique ? Parce qu’il était le pianiste favori du grand producteur Norman Granz (tout comme Art Tatum), Peterson réalisera un nombre incroyable d’enregistrements dont la plupart sont entrés au Panthéon du Jazz.

Peterson commence une formation de pianiste classique lorsqu’il a 6 ans. Son développement musical est fulgurant. Il remporte son 1er Prix à 14 ans, il commence à se produire régulièrement dans une émission de radio de Montréal. Alors adolescent, il acquiert de l’expérience auprès de l’orchestre de Johnny Holmes. De 1945 à 1949, il enregistre 32 titrres pour Victor à Montréal. Ces interprétations en trio trahissent un amour pour le boogie-woogie qu’il rejettera plus tard et l’influence du swing de Teddy Wilson et de Nat King Cole.

Granz découvre le jeune Peterson en 1949 et le fait jouer en première partie lors des concerts Jazz at the Philharmonic. Peterson enregistre en 1950 une série de duos avec tantôt Ray Brown ou Major Holley à la contrebasse. Sa version de « Tenderly » devient un hit. En 1952, il devient un incontournable de la maison de Granz lorsqu’il forme un trio avec Ray Brown et le guitariste Barney Kessel, vite remplacé par Herb Ellis. Ce trio fraîchement formé devient l’une des formations Jazz les plus emblématiques entre 1953 et 1958. En 1958, lorqu’Ellis quitte le groupe, il est décidé qu’aucun autre guitariste ne pourra prendre sa place et il est remplacé par le batteur Ed Thigpen (après un bref épisode avec Gene Gammage). À la différence du Trio précédent, cette nouvelle formation place le piano au centre. Plus tard, Thigpen laissera sa place à Louis Hayes, Bobby Durham, Ray Price. Du côté des bassistes, c’est Sam Jones et George Mraz qui remplaceront Ray Brown.

C’est en rendant hommage à Nat qu’en 1960, Peterson fonde l’Advanced School of Contemporary Music à Toronto qui durera trois années. Il enregistre pour la première fois en solo en 1968 pour MPS. Chez Pablo fondé par Granz en 1972, il publie plusieurs albums avec le guitariste Joe Pass et le bassiste Niels Pedersen. Il collabore avec de nombreux artistes : Dizzy Gillespie, Roy Eldridge, Harry Edison, Clark Terry, Jon Faddis, Count Basie… Il écrit également sa « Canadian Suite » en 1964.

Il lui arrive de jouer sur piano électrique, orgue et même sur clavichord. En 1965, il chante et révèle une voix proche du timbre de Nat King Cole. En 1990, une session avec Herb Ellis et Ray Brown engendrera quatre albums. Peterson est touché par une attaque en 1993 qui le prive de toute apparition publique pendant 2 ans. Il revient à la scène progressivement mais avec une main gauche malheureusement diminuée. Malgré tout, Peterson demeure l’un des plus précieux improvisateurs que le Jazz ait connus.

Oscar Peterson s’éteint le 23 décembre 2007 à Mississauga (Ontario).