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Sarah Vaughan, voix

Vaughan

Sarah Lois Vaughan est née le 27 mars 1924 à Newark, dans le New Jersey.

Dès l'âge de 7 ans, ses parents l'inscrivent à la Arts High School de Newark où elle commence les cours de piano et joue parfois de l'orgue pour les services de l'église. À l'adolescence, elle commence à s'intéresser à la musique populaire et n'hésite pas à faire le mur pour flâner dans les nombreux clubs de Newark. Elle arrive même à se produire quelques fois en tant que pianiste, plus rarement en tant que chanteuse.

En 1942, elle encourage l'une de ses amis, Doris Robinson, à s'inscrire l'Apollo Amateur Night Contest et l'accompagne au piano. Tandis que son amie remporte le deuxième prix, Sarah Vaughan décide de s'inscrire elle-même à ce concours en tant que chanteuse. Et en 1943, tout juste âgée de 19 ans et 10 ans après Ella Fitzgerald, son modèle, qui vient la féliciter, elle remporte le concours. Elle est remarquée par Billy Eckstine, vedette de l'orchestre d'Earl Hines. Ce dernier s'enthousiasme pour la voix de la jeune chanteuse et lui fait intégrer l'orchestre qui est à son apogée, en tant que soliste. Durant ces années, elle fait de sa voix un véritable instrument, capable de couvrir plusieurs octaves, faisant des sauts de registre exceptionnels.

Le succès est tel qu'Earl Hines se trouve bientôt dépassé. En 1944, Billy Eckstine, accompagné de Dizzy Gillepsie et Charlie Parker, monte le premier orchestre de be-bop avec Sarah Vaughan au chant.
Elle finit également par quitter la formation après un enregistrement, à l'initiative de Dizzy Gillespie et durant lequel elle est accompagnée, entres autres, par Charlie Parker et Tadd Dameron. Ce dernier lui apprendra à affiner sa technique de chant. Après quelques mois dans le combo de John Kirby et un nouvel enregistrement, elle rencontre George Treadwell au Café Society. Le trompettiste tombe amoureux de la jeune chanteuse et ils convolent en justes noces le 17 septembre 1946. Treadwell devient alors son manager, abandonnant sa propre carrière pour ne se dévouer qu'à sa femme. Grâce à lui, elle passe du statut de chanteuse provinciale à celui de diva. Il restera d'ailleurs son manager longtemps après leur divorce en 1959.

C'est avec l'apparition de Treadwell dans sa vie que tout va s'enchaîner rapidement. En 1947, elle enregistre « It's Magic » qui la fait connaître du grand public puis, en 1948, « The Lord's Prayer » et « What a Difference A Day Makes ». L'année suivante, elle est consacrée meilleure chanteuse de l'année et signe chez Columbia. Elle fait des séances d'enregistrement avec Miles Davis, Jimmy Jones ou encore Tony Scott.

Si elle semble vivre les plus belles années de sa carrière, Sarah Vaughan fait néanmoins une dépression nerveuse qui la tient loin des studios d'enregistrement pendant une année. Elle ne revient qu'en 1954, chez Mercury, qui lui fait enregistrer des titres plus commerciaux. Elle reprend le dessus et sort son album phare Swingin' Easy (qui ne paraît qu'en 1957), dans lequel elle prouve qu'elle est à nouveau au meilleur de sa forme. Cette même année, elle enregistre avec la formation de Clifford Brown plusieurs titres exceptionnels dont une version de « Lullaby Of Birdland » que beaucoup ont vainement tenté d'imiter. En 1955, c'est un orchestre monté spécialement pour elle par Ernie Wilkins qu'elle intègre. C'est avec lui qu'elle atteint véritablement les sommets de son art. Elle enregistre Great Songs From Hit Shows l'année suivante avec Hal Mooney. Elle signe alors chez Roulette, avec qui elle effectue ses plus grosses ventes d'albums comme Sassy Swings The Tivoli qui bat des records en 1963. Elle continue ainsi à enchaîner les tubes jusqu'en 1967.

Les années 1960 et l'engouement pour le rock'n'roll la tiennent loin des studios pendant quatre ans. C'est donc en 1971 qu'elle revient sur le devant de la scène avec Alone Again Naturally. Elle a de nombreuses collaborations avec différentes formations de jazz, notamment celui d'Oscar Peterson. Cela ne durera que jusqu'au début des années 1980, période à partir de laquelle les enregistrements et les représentations se font de plus en plus rares. Elle est obligée d'annuler plusieurs concerts en Europe à la fin des années 1980 pour des raisons de santé. Et c'est le 3 avril 1990 à Los Angeles, après trois mariages, trois divorces et une vie artistique comblée que la star décède des suites d'un cancer du poumon. La « Divine » (« The Divine One ») reste pour beaucoup de chanteuses un modèle et l'une des plus belles voix de l'histoire du jazz, au même titre qu'Ella Fitzgerald ou Billie Holiday.